Créquy (Pas-de-Calais)

 

Témoignage de Michel Brebion, dernier colporteur créquinois :

Je suis né à Créquy en 1923 . A cette époque, il y avait encore bon nombre de colporteurs à Créquy.

Je suis fils de Justin Brebion et Léonie Courtin.

Mon père était également colporteur. Il a exercé le métier en voiture à cheval avec Victor Cornu pendant la plus grande partie de sa carrière. Puis il s’est acheté une voiture Renault. Amputé d’un bras à la guerre 1914-1918 et n’ayant pas le permis, c’est avec ma sœur Simone comme chauffeur qu’il faisait les tournées.

Puis il m’a appris le métier ainsi qu’à mon frère Pierre. Et c’est à deux que nous avons commencé à parcourir la région. A cette époque, les colporteurs travaillaient souvent par deux.

Avec mon frère, nous avons acheté une voiture Citroën « Rosalie » d’occasion pour sillonner tout le Pas de Calais ainsi que la Somme. A une certaine époque de l’année, nous allions jusque dans l’Oise mais pour cela, nous partions avec deux autres colporteurs. Avec les frères Léon et Raphaël Derolez, nous partions à quatre avec deux voitures pour vendre nos articles dans ce département.

A cette époque, nous couchions dans les granges, nous avions nos maisons habituelles. Nous emportions un sac avec nos couvertures que nous posions sur la paille. Les repas se prenaient au café ou chez les fermiers qui nous accueillaient.

Nous vendions essentiellement des articles de boissellerie réalisés à Créquy : louche et cuillère en bois, joug, manche de charrue, manche de serpe ainsi que de la mercerie, coutellerie, brosse, balai, serpillière, et produit d’entretien.

Nous faisions deux passages dans l’année chez nos clients. Les habitués connaissaient l’époque de notre passage et nous attendaient.

Nous allions acheter nos articles créquinois en bois chez Jules Demagny (Jules Lard), chez Emile Lambert et chez Eugène Cornu (Toufi) qui était également cabaretier et dont le travail était le plus soigné et les articles les plus fignolés.

  Après notre Citroën Rosalie, nous avons acheté un fourgon Citroën. C’en était fini du couchage dans les granges car nous avions aménagé  ce fourgon avec des couchettes. Ce type de véhicule était parfaitement adapté à cela et nous avons usé deux de ces Citroën durant ces années. Nous y prenions également nos repas. Mon régal était une tartine au pâté avec une échalote. Qu’est ce que j’ai pu en manger pendant ma carrière !

 

Le premier de ces fourgons portait une inscription publicitaire :" Avec les produit Ciralaise on astique tout à son aise" . Ainsi reconnaissable, notre véhicule était connu dans toute la région et chacun attendait  son passage.

J’ai pratiqué ce métier jusqu’en 1984 où j’ai pris ma retraite. Durant l’année 1983-1984 , mon frère étant en retraite, c’est seul qu e j’ai terminé ma carrière, marquant ainsi l’extinction des colporteurs créquinois.

 

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