Créquy (Pas-de-Calais)

 

Le Créquy du bon vieux temps (1850-1945)

            Plusieurs faits caractérisent l’évolution de la société créquinoise du milieu du XIXe siècle à 1960, date où s’amplifient les mutations fondamentales valables partout :

Le déclin démographique est patent. La population passe de 1400 habitants à 700 habitants, sous l’effet principal de l’exode rural, qui commence sous le Second Empire, s’amplifie à la Belle Epoque, se ralentit avec la crise des années trente

Le système  économique fondé sur la trilogie agriculture-boissellerie-colportage  évolue. L’importance de la boissellerie diminue – surtout après 1880 – devant la concurrence industrielle et cette industrie qui a fait la gloire de Créquy disparaît quasiment dans l’entre-deux-guerres. Le colportage, activité qui l’accompagnait, subit le même destin. Toutefois, la présence de quelques commerces et services variés (bureau de poste et perception jusqu’à la fin du XIXe siècle) font de la commune un village-centre.

L’agriculture reste et de loin l’activité productive la plus importante. Elle évolue et s’adapte au progrès du temps. Si le cheval, la bête par excellence, constitue encore le seul moyen de transport et de traction, la mécanisation pénètre peu à peu des exploitations relativement nombreuses : la moissonneuse-lieuse a remplacé la faucille, la batteuse le fléau. Enfin, cette agriculture se spécialise désormais à l’instar d’un Haut-Pays voué à  l’élevage laitier et porcin, sans que ne soit négligée pour autant la production encore essentielle du froment.

L’exode rural a permis de régler en partie la question du paupérisme, devenue beaucoup moins prégnante dans les années soixante du XIXème siècle, même si la pauvreté apparaît encore largement répandue, notamment dans le petit peuple des journaliers,  des artisans du bois et des cultivateurs besogneux. Les indépendants qu’ils soient agriculteurs, commerçants ou artisans, forment les « classes moyennes », axe majeur de la société. Quelques notables émergent cependant : ils se distinguent par leur genre de vie comme les Dufourny, propriétaires du château, ou par leurs aptitudes « culturelles », tel un César Bracquart, instituteur réputé, ou un Louis Brebion, linguiste et spécialiste du picard. Le lien social est cependant assuré par les sociétés dont la plus ancienne est celle des Sapeurs-Pompiers.

Les progrès de la démocratie touchent en profondeur la société politique. Le rôle de la paroisse est loin d’être négligeable pour une population unanimement baptisée de pratiquants souvent occasionnels. Les curés, par leurs œuvres, tentent de renforcer les structures d’une chrétienté de plus en plus sur la défensive avec la montée en puissance de la République. Les Créquinois, bonapartistes sous le Second Empire et encore longtemps par la suite, s’imprègnent en effet de la culture républicaine dans les années quatre-vingts (triomphe de l’école laïque autour d’une construction neuve, célébration de la fête nationale), avant de voter majoritairement pour des candidats de gauche, fait accompli entre 1886 et 1889. Il faut cependant attendre 1908 pour l’on élise un conseil et un maire républicains, dans la personne de Casimir Demagny. Les tensions politiques sont cependant très vives et sont à leur paroxysme dans l’entre-deux-guerres. En 1928, Edmond Beugny, conservateur, devient maire à l’issue de l’affaire du cimetière et le restera jusqu’en 1959.

La société créquinoise a subi avec douleur le poids des guerres. Plus de cinquante de ses fils disparaissent lors du grand massacre de 1914-1918, époque où la commune connaît la présence britannique.. et même américaine. La Seconde Guerre Mondiale fut moins meurtrière, mais les Créquinois eurent à subir le poids d’une lourde occupation et l’absence de très nombreux prisonniers. La Résistance n’eut ici que des effets limités (aide aux aviateurs alliés, renseignements, actes ponctuels).  

Documents
1898-1914
1914-1918
1918-1939
1939-1945

 

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