Créquy (Pas-de-Calais)

 

Deux colporteurs de Créquy :

DEROLEZ Raphaël et son frère DEROLEZ Léon étaient colporteurs ; ils faisaient du porte à porte, vendant à domicile, le contenu de leur grand panier d’osier rectangulaire qu’ils portaient au bras. Ils se déplaçaient en voiture de marché, tirée par leur cheval ardennais appelé Chocolat.

Ils s’approvisionnaient à Créquy chez Mr Rassez et Mr Lejosne, achetant en gros les marchandises qui, les paniers garnis la veille du départ, étaient entreposées dans deux caisses placées à l’arrière de leur voiture. Ils vendaient des louches et des robinets en bois mais aussi du savon de Marseille, des cahiers à feuilles à cigarettes, des épingles à linge, du cirage et des brosses, des lacets et de la coutellerie sans oublier les mancherons de charrue et les manches de serpe pour leurs nombreux clients forgerons.

Leurs tournées, durant au moins une semaine, portaient le nom de l’une des communes traversées. Elles se situaient en zones rurales, évitant les bourgs pour privilégier les villages, hameaux et écarts dans un large secteur évitant les régions côtières et Arras et qui empiétaient sur les départements de la Somme et de l’Oise.

Le soir, ils couchaient toujours aux mêmes endroits : cabarets ou fermes pouvant accueillir leur attelage et dormant, selon les cas, en chambre, au grenier et même au pire dans la grange.

Les hivers étaient rudes : la neige, tombant la nuit, retardait leur départ. Au pire, elle les immobilisait plusieurs jours au même endroit ; elle les obligeait parfois à rebrousser chemin en catastrophe et Chocolat rentait à l’écurie "ferré à glace"…

Le cheval fut vendu en 1939 mais, après la libération, ayant tous deux passé le permis et acheté une voiture, ils reprirent leurs activités dans de bien meilleures conditions… jusqu’à la maladie de Raphaël en 1947. Léon ayant ouvert une petite épicerie mercerie à son domicile, route de Torcy, abandonna le métier vers les années 50.

  Michel DEROLEZ (octobre 2005)

 

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