Créquy (Pas-de-Calais)

 

Documents (1914-1918)

1914, 3 août.- La plupart des mobilisés partent le 2ème jour de la mobilisation : lundi 3 août. Marseillaise au départ du train à Fruges (j'avais 12 ans, j'étais pensionnaire et la rentrée a eu lieu aux premiers jours d'Octobre comme si de rien n'était, j'ai été bien déçu !). 

1914,  octobre, novembre : arrivée des réfugiés d'Aunoeulin (Nord) et Méricourt (Pas-de-Calais). Les réfugiés sont repartis, mais il en reste toujours quelques-uns, par suite de mariage. Je ne peux citer que Mme Henri Petit (Thérèse Caron).(Souvenirs Albert Moronval).

1915. Des troupes françaises cantonnent à Créquy (9ème dragons) et vont prendre les tranchées au Nord d'Arras.

1915-1918.- La présence britannique

1915 (?). Un régiment anglais : 13th Middlesex cantonne assez longtemps (infanterie). Plus tard, nous avons connu des lanciers de l'Inde : "Poona horse" (musulmans) et en 1917-1918, le 1st Royal Dragoons qui a trinqué durement au printemps 1918 devant Amiens. Ces dragons avaient sur leur casquette un insigne plus petit encore que la figure ci-contre : un trophée, l'aigle d'un régiment français dont j'ai oublié le numéro. Il faut ajouter à cela des détachements d'infirmiers et certainement d'autres unités que je n'ai pas connues puisque je n'étais là qu'aux vacances. J'ai fait la route de Fruges à Créquy un jour avec une compagnie canadienne dont seul l'officier était anglais.

En 1918, il y avait à demeure chez l'institutrice un vieil officier sourd "l'area commandant" qui avec une équipe du genre invalides assurait l'entretien et la propreté des cantonnements. Chaque maison avait une pancarte indiquant ses possibilités de logement, sur chaque puits figurait l'inscription "Boil or chlorinate this water", etc...

Un vocabulaire petit nègre et assez pauvre s'était établi, à base de mots communs aux deux langues : beer, coffee-rhum, cigarettes, bully-beef (bouli étant un mot patois), médéme, Mad'moyelle, promenade, angueterre, trenches (= le front), parti Frougiss (Fruges) peur mission, zig-zag = soul, pickinini = enfants, one frenk, two frenks (geste avec les doigts) etc... Naturellement pour ma part j'utilisais à plein les quelques mots d'anglais que je possédais. Un camarade de Fruges était arrivé assez vite à parler couramment et possédait même quantité de mots d'argot : "fag" pour cigarette, "posey (?) pour confiture, etc...

Les réactions entre civils français et militaires alliés étaient bonnes : les anglais étaient relativement riches, ils faisaient laver leur linge ("washing done here"), les cafés faisaient des affaires. Pourtant cela avait mal commencé : au premier passage de troupes le café Moronval-Wallon avait été cambriolé et le tiroir caisse avait été retrouvé vide dans la ruelle qui passe derrière la maison., mais c'était un accident, cela ne s'est pas renouvelé.

La présence de ces troupes, l'absence des hommes, le son du canon, l'installation des réfugiés, la liste des morts qui s'allongeait à peu près un par mois, tout cela faisait qu'on ne risquait pas d'oublier la guerre. Par contre malgré la proximité au front, jusqu'en mars 1918 nous avons eu un sentiment de sécurité absolu. A Pâques 1918, l'avance allemande sur Amiens et Béthune, quelques bombardements par avion, le rassemblement à Boulogne des classes 20 et 21 nous ont inquiétés un moment. Le ravitaillement devenait difficile : carte de pain, de sucre, de pétrole, le pain était mauvais. Il y avait des prisonniers allemands et même autrichiens un peu partout, et des travailleurs chinois. La division portugaise, cantonnée longtemps dans la vallée de l'Aa avait été anéantie devant Béthune. Cette crise avait ramené des troupes françaises dans la région. (Souvenirs Albert Moronval)

1915, 1er août.- Médaille militaire à Suiste Joseph (Mle 4028), chasseur à 9e BCP.- (Délibérations)

1915,  5 octobre.-  le CM vote une subvention de 50 F à l’association « La Solidarité », société d’aide et de secours aux éprouvés immédiats de la guerre de l’arrondissement de Montreuil

1917,  14 novembre.-  le CM vote une indemnité temporaire de 1280 F pour allocation de chetté de vie pour le garde, Demagny Jules

1918,  4 mars.-  le CM vote une allocation pour délivrance de sauf-conduit à Melle Emelie Demagny

1918.-. En 1918, trois bombes sont tombées à 6 ou 700 mètres au N.O. de l'église, un peu au sud de la route qui va du cimetière au bois des 3 treillages, entre les cotes 150 et 160. On doit en trouver trace. Il est vrai que les nombreux emplacements de puits à marne de la région doivent faire à peu près la même tache sur la photo (aérienne). J'ai le souvenir de trois bombes, j'ai vu les trous, cependant, en ce temps-là les bombes allaient par deux. Je peux me tromper. En tout cas, avec les bombes et les puits, il y a de quoi brouiller vos cartes. (Lettre Albert Moronval, 31 janvier 1968). Marcel Moronval m'a confirmé qu'en 1918, trois bombes étaient tombées à quelques centaines de mètres au N.O. de l'Eglise. Une quatrième non éclatée dort peut-être là-bas. (Lettre Albert Moronval, 14 janvier 1971)

28 août 1918.- décès de Justine Derolez, née à Créquy le 3 mars 1889, domiciliée à Créquy, fille de Derolez Jean-Baptiste et de Campagne Marie, épouse de Cliquennois Arthur, décédée à l’hôpital néo-zélandais au Pas de l’Echelle (Etrembières, Haute-Savoie…)

 

Retour à la page d'accueil

Ce site est édité par le Comité d'Histoire du Haut-Pays, sous la direction de René Lesage.

 Une adresse pour nous contacter