Créquy (Pas-de-Calais)

 

 

Archives diocésaines d'Arras

Enquête historique de 1861 : Créquy

Objet : Histoire de la paroisse (des apôtres,Saint Pierre et Saint Paul) Dite Créquy

Réponses aux questions historiques sur l'histoire des églises du Diocèse en l'année 1861.

1ère réponse :

L'église de Saint-Pierre et de Saint-Paul, dite de Créquy, était paroisse. Elle était desservie par un curé en titre et par deux vicaires ; l'un à Créquy, et l’autre à Torcy, qui dépendait de Créquy.

2ème réponse :

Cette paroisse dépendait particulièrement de l'abbaye Sainte-Marie-au-Bois de Ruisseauville, diocèse de Boulogne-sur-Mer. Cette dépendance consistait dans le privilège, qu'avait M. l'abbé du monastère, de nommer le curé de Créquy, avec l'approbation de l'évêque de Boulogne-sur-Mer. Il apparaît comme probable que ce privilège avait pour cause la bienfaisance des Sires de Créquy, qui avaient fait ériger le monastère, l’avaient enrichi de leurs biens. En outre, le monastère prélevait la dîme ecclésiastique qu'il louait, et pour cela il était obligé d'entretenir le choeur de l'église et de faire la pension du curé.

3ème réponse :

Il n’est aucun fait, du moins manifeste, qui puise annoncer une connaissance particulière pour l’appréciation des moeurs de cette époque, et pour l'édification des peuples. Il n'existait ni confréries, ni congrégations religieuses, qui puissent nous révéler quelques faits propres à nous donner aujourd'hui cette connaissance. Seulement l'on peut penser, malgré les diverses fautes saisies par la lecture des registres, qui dénotent de temps à autre des actes d’immoralité, l’on peut penser que la foi fut peut-être plus vivante, surtout quand l'instruction était donnée spécialement par le vicaire de la paroisse. Un fait montre qu'il y avait alors comme aujourd'hui de la négligence dans la pratique des devoirs religieux et surtout relativement au devoir pascal, puisque la tradition constante et éclairée du pays rapporte que Mr De Montgazin, grand-vicaire de Boulogne a jeté l'excommunication sur ceux qui n'avaient pas rempli ce devoir. Ce fait est demeuré dans la mémoire des paroissiens, parce qu'il a eu un grand retentissement ; car le curé l'a interpellé sur le champ et publiquement, en présence de l'assemblée, ce dont Monseigneur l'Evêque François Joseph (De Partz de Pressy qui en a été péniblement impressionné.

4ème réponse

Au moment de l'épouvantable et barbare époque de la révolution, la paroisse de Créquy a été, comme toutes les autres, frappée de stupeur et de terreur ; cependant elle a eu à se réjouir de n'avoir pas eu dans son sein de ces brigands, qui ont ravagé l'église de Dieu et massacrés des prêtres et ses fidèles enfants . Il est constant que les habitants ont toujours et presque unanimement conservé leur attachement à leur vieux curé, Mr Lemercier, qui trop vieux pour aller en exil et confesser sa foi par ce dévouement, a dû confier la dernière heure de sa vie sacerdotale à leur fidèle affection. Aussitôt après la constitution civile, il se retira dans une maison du village, y vécut d'aumônes pendant l'espace de deux ans ; il mourut en cet état et fut inhumé dans l'église par les agents du village et au milieu du concours de tous les habitants, qui s'y comportèrent religieusement, dit-on : je crois devoir remarquer qu'au moment du serment, MMr Chartrel et Tilliette, le premier vicaire de Créquy, et le second de Torcy sont partis pour l'émigration.

5ème réponse

Pendant le temps de la Terreur (93) il y eut une lacune d'un an environ où il n'y eut pas de prêtres ; donc point d'administration des sacrements ; mais après cet espace, Mr Demagny, ancien vicaire et plus tard curé de Campagne-les-Boulonnais revint de l'émigration, avec les pouvoirs de Monseigneur Asseline, dernier évêque de Boulogne-sur-Mer. Voici comment ce prêtre avec beaucoup d'autres confrères est rentré dans sa famille et autres lieux, pour exercer le ministère. Réunis en exil près de Monseigneur Asseline, cet illustre et pieux prélat leur communiqua le désir qu'il avait de voir retourner près de ses ouailles tous ceux de ses prêtres, qui avaient des parents aisés et capables de suffire à leur existence. C'est alors que revinrent beaucoup de prêtres ; et à Créquy Mr Demagny, Mr Pique, décédé curé de Bonningues-les-Ardres ; Mr Bonvarlet, décédé curé de Coupelle-Vieille, Mr Tilliette, vicaire de Torcy, plus tard curé de Créquy, tous autorisés par Monseigneur Asseline. Ils administraient les sacrements à la faveur des bons catholiques, qui les recevaient dans leurs maisons, qui les accompagnaient dans leurs courses nocturnes, qui les préservaient de la poursuite des révolutionnaires par toutes sortes de ruses pieuses et adroites. Les maisons à signaler comme lieux où l'on disait la messe furent celles des père et mère de Mr Demagny (abar) père de Mr l'abbé Demagny, susnommé, des parents de Mr Picque, de M. Demagny-Tanchon dit chirurgien, de Teneur. Il est à remarquer que jamais ces prêtres n'ont éprouvé ancune peine pendant le sacrifice ni pendant l'administration des autres sacrements, et jamais ils n'ont eu à souffrir du côté de la vie ; tant s'en faut, car chacun s' empressait à leur faire d'abondantes aumônes : au point que ces généreux confesseurs de la foi témoignent avoir goûté le vrai bonheur. C'est le cas de le dire : si la persécution abondait, la joie du Seigneur surabondait en eux.

6ème réponse

L'église de Créquy fut rendue au culte en 1802. Elle était dans un état de délabrement complet, tant par le temps que la pioche infernale des démagogues qui espéraient extraire du salpêtre de la pierre.. Le choeur seul restait misérablement debout. Plus d'ornements, plus de reliquaires, plus de vases sacrés qu'un calice en plomb, plus de linges, dehors une cloche encore était fendue par suite d'un ouragan qui avait renversé la cloche, nulle inscription, rien de quelque genre que ce soit.

7ème réponse

Le rétablissement du culte s'est fait sans aucune cérémonie remarquable : il s'est fait par Mr Tilliette, nommé curé par Mgr de la Tour d'Auverge, évêque d'Arras l'an 1802.

8ème réponse

Le premier titulaire fut Mr Tilliette nommé (ut supra) en 1802. Les moyens par lesquels il a pourvu aux premiers besoins, furent les dons privés, les quêtes à domicile, les votes de la commune et le reste des revenus, des biens de l'église) échappés à la voracité des brigands de 93, dont les auteurs sont ci-dessous dénommés dans le n°13.

9ème réponse

Les autres curés après le titulaire furent Mrs Pruvost, et Delattre sous le premier : intérieurement il a réparé un peu de mobilier, il a restauré le Grand Autel, il a érigé un autel à la Vierge, une sacristie et percé deux fenêtres au choeur, une préparation pour placer les fonts baptismaux, mais qui n'a pu servir par la suite (il est à remarquer qui Mr Pruvost n'a exercé que 18 mois en cette paroisse). J'oublie la confection dans une chaire de vérité. Sous le second : restauration complète du grand autel avec peinture : érection d'un autel à St Antoine et à Ste Anne . acquisition du mobilier, ciboire , ostensoir, dorure (deux fois) du calice,encensoir, ornements de toutes les couleurs (chacun) chandeliers argentés au grand autel, à l'autel de la Sainte Vierge, armoire dans la sacristie, sous d’oeuvre , deux bannières à la Sainte Vierge, une statue à la Sainte Vierge, tribune pour les enfants, restauration d'une fenêtre derrière le grand autel avec un sujet (une croix, un plafond au choeur, deux lampes dont l'une a été donnée par Madame Romaine Tassin de Givenchy de Ste Anne, fonts baptismaux, linges d'églises, et autres petites choses de ce genre.

10ème réponse

Sous Mr Pruvost il y a eu un commencement de confrérie du st Scapulaire, mais que j'ai trouvée dissoute à mon arrivée en cette paroisse et ce, parce que Monisuer Pruvost était parti contre la volonté des consoeurs. Sous moi : est installé un chemin de croix, béni et installé par Mr Denin, Doyen de Fruges et chanoine honoraire de la cathédrale d'Arras, dûment autorisé par Monseigneur le Cardinal de La Tour d'Auvergne, évêque d'Arras le 18 juillet 1848. j'ai établi une congrégation de l’immaculée conception avec l'autorisation de Monseigneur Parisis, évêque d'Arras, comme il est constant, par son mandement donné à cet effet en date du 31 janvier 1857. En outre, comme oeuvres puis les exercices du mois de marie depuis environ 15 ans,les jubilés qui ont eu lieu de 1834 à1861.

11ème réponse

Cette réponse peut se confondre avec la neuvième ; touchant le rapport des travaux de chacun des curés afin d’y laisser munis d'obscurité, je vais désigner les époques des travaux comme il est demandé ; d'abord de 1802 à 1832 en arrière de Mr Tilliette se sont relevés les murs dans la Basse-église et une partie de ceux choeur, la confection du toit de la 1ère partie et un plafond plat en cette dite partie, réparation du clocher et refonderie de la cloche , dont l'un et l'autre avaient péri par l'ouragan du 18 Brumaire An 9 ou 10. De la république. Après M Tilliette, Mr Pruvost (de 1832 à 1834) a fait bâtir une sacristie et ouvrir deux fenêtres autour. Sous moi, comme il est plus haut, il y a eu restauration des piliers, entretien du toit, qui est toujours si défectueux, (on est en vote d'une demande pour la restauration complète de la partie méridionale, et dont le devis s'élève à 2 050 F environ). La bâtisse du presbytère en 1844, faite aux frais de la commune et pour l'acquisition du terrain et pour la confection du logis, quant aux travaux de l'église les ressources ont été en grande partie votées par la commune et un peu dans les commencements par dons particuliers, des quêtes faites par Mr Tilliette dans la paroisse et de ses successeurs.

12ème réponse

Il est à noter d'après les registres de catholicité, que cette paroisse fut fréquemment visitée par nos Seigneurs, les évêques de Boulogne, Monseigneur de Pressy et Monseigneur Asseline. Monseigneur Parisis, évêque actuel d'Arras, de Boulogne et de Saint-Omer a visité la 1ère fois cette paroisse le 12 octobre 1855.

Les habitants de Créquy comme ceux des autres paroisses du Diocèse ont compris qu'on ne pouvait rien faire de trop splendide, pour honorer un représentant de Jésus Christ notre divin maître, un prince de la Sainte Eglise romaine, distingué non seulement par son caractère Divin, mais encore par ses vertus et son sérieux , aussi ont-ils en rapport avec leur fortune, fait tous les efforts et les sacrifices possibles pour offir à Monseigneur une réception digne de sa grandeur.

Ils ont élevé  sur le chemin, par lequel il devait passer plusieurs Arcs de Triomphe. Une calvalcade composée d'une trentaine de personnes, des mieux organisées et d’un brillant aspect vinrent au-devant d'Elle jusqu'au village de Royon distant de 6 km de Créquy et l'accompagnèrent (par une pluie torrentielle) à pas de course jusqu' aux barrières du cimetière, où le clergé l'a reçu selon le cérémonial du rituel diocésaine.

Je remarquerai qu'une superbe procession avait été préparée, mais la pluie l'empêcha de sortir de l'église et notre jeunesse comme la foule des personnes qui devaient former cette procession en éprouva une grande peine, un véritable regret, parce qu'elle n'avait pu donner à sa Grandeur un témoignage public de sa foi et de son dévouement.

En rentrant dans l'église, où se tenait la cérémonie, conformément toujours au rituel.

Monseigneur adressa du bas du grand autel quelques mots d'explication en rapport avec l'état et le besoin de la paroisse puis il se rendit au presbytère, où il reçut les membres réunis en communauté et de la commune et de la fabrique. Sa Grandeur leur donna des bons avis et je dois ajouter qu’ils furent goûtés.

Le lendemain vers 6 heures et demie, Monseigneur a dit la Sainte messe, l'église était comble. Les enfants préparés pour la confirmation avec un grand nombre d'autres personnes reçurent la communion de la main de leur évêque.

A Neuf heures et demi, eu lieu l'administration du sacrement de la confirmation précédée d’une nstruction ad hoc par le curé de la paroisse.

A onze heures, Monseigneur reçut tous les prêtres du canton, où il leur communiqua ses sages et paternels conseils. Il partit vers 4 heures pour Quilen, paroisse du Doyenné d'Hucqueliers : ou plutôt annexe de Maninghem au Mont.

A son départ, les cavaliers de la veille l' attendaient aux barrières de l'église et avec un grand nombre d'autres personnes de la paroisse , qui couvrirent sa grandeur de leurs vivats. .

La seconde visite de Monseigneur Parisis eut lieu le 30 octobre 1860 avec la même pompe et la même magnifience, que la première fois tant extérieurement qu'intérieurement.

Le lendemain 31 octobre, Monseigneur a dit la Sainte messe vers 6 heures et demie, avec communion des enfants et d'autres personnes.

Vers 9 heures et demie, il a administré le sacrement de confirmation aux enfants des paroisses de Créquy, de Lebiez, de Royon, de Rimboval. Cette administration a été précédée par un discours de Mr Milliot curé de Rimboval.

Il est reparti vers 4 heures et demie, accompagné des cavaliers jusqu'à l'église de Fruges.

Il existe dans la paroisse quatre calvaires et deux chapelles.Ces monuments religieux ont été bénis avec grande solennité et avec grand concours d'assistants au pays et du voisinage, venus pour entendre les instructions qui ont été faites ad hoc et pour adorer leur divin Rédempteur. .

Epoque de leur érection : le premier calvaire fut érigé par la famille Boudry l'an de grâce 1820.

Le second par la famille de Mr Violette notaire d'Hesdin, l'an 1823, au lieu-dit et le bois mulet,

 le troisième par la famille Thomas , l’an 1836.

Le 25 juillet : le quatrième par les familles de Mr l'Abbé Dollé, de Mr Merlen, maire, de la Vve Demagny-Tanchon, de Demagny Alexandre (abar) De Flory-Loisel, de la Veuve Joseph Bourbier et de la Veuve Cazier Jean Baptiste l'an 1861, le 18 mai. Sa bénédiction fut solennelle et l'une des plus splendides cérémonies religieuses, des plus puissantes à émouvoir, et à ranimer la foi et la ferveur . Dans le coeur de cette foule de chrétiens accourus de tout le voisinage, pour unir leur pieuse compassion aux douleurs de leur Divin Maître, et pour impétrer ses divines miséricordes sur eux-mêmes et sur toute l'église.

Deux chapelles :

 l'une au Saint-Esprit et de temps immémorial, où il existe un pèlerinage, suivi par un grand concours de pèlerins le lundi de la pentecôte. Ce jour là, Mr le curé de la paroisse fait l’appel des paroissiens à l'église vers 7 heures du matin. Il fait la prière, autrefois il disait la messe, et se rend ensuite pour silence et prière à la chapelle du Saint-Esprit distante de l'église d'environ 2 kilomètres, il commence la cérémonie par le chant Du Veni Creator et un pieux cantique. il la continue, en récitant l'évangile selon Saint-Luc : In illo Tempore Loquente Jésus ad toub as ..... sur les pélerins. Le retour se fait comme l'arrivée, processionnellement après l'invocation à la Sainte Vierge, vers 10 heures et la fête se termine par une messe solennelle.

L'autre à Jésus flagellé érigée par la famille Courtin-Depoix et Dollé-Courtin et bénie solennellement le 26 Septembre 1844.

13ème réponse

Titres :

1er titre, nouvel du 18 avril 1834 : à la charge d'Eugène-François Deremez et Consors

2ème titre, du 23 mai 1837, à la charge de Pierre François Lenglet ménager.

3ème titre, nouvel du 18 avril 1834 : à la charge de Louis Joseph Demagny et consors .

4ème Donation de Marie Thérèse Alexandre par Marie Thérèse Alexandre propriétaire, le 23 mars 1843.

Registres de la catholicité à la mairie : depuis 1650 jusqu'à 1792 inclusivement.

 

 

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