Créquy (Pas-de-Calais)

 

 

Philippe Delattre, curé de Créquy de 1835 à 1873.

Le successeur immédiat à M. Pruvost, M. Lonquety, desservant de Rimboval a été curé de Créquy jusqu'au 5 juin 1835, époque de la nomination à Créquy de l'abbé Delattre de Maninghem-au-mont, canton d'Hucqueliers, sortant du séminaire d'Arras où il venait d'être ordonné. M. Delattre qui s'accommodait de tout et n'était jamais impatient, a dû habiter une vieille maison à deux kilomètres de l'église, puis le château où il demeurait, jusqu'à la construction d'un nouveau presbytère. A son arrivée, le mobilier de l'église était fort pauvre (M. Pruvost avait emporté tout ce qui lui appartenait en propre). Sous la première année de M. Delattre on a fait faire un autel en l'honneur de St Antoine, fait restaurer deux fois le grand autel, acheté du mobilier : calice, ciboire, ostensoir, encensoir, chandeliers argentés, linges, chape en velours, armoire pour la sacristie, bancs, et successivement pourvu l'église de deux bannières et d'une statue de la Sainte Vierge, de deux lampes argentées. En 1844, la commune fît construire un presbytère tel qu'il est à peu près aujourd'hui, et à la même place que l'ancien.

En 1845, construction d'une tribune pour y placer les enfants qui n'avaient pas de places réservées dans l'église, et pour le chant.

En 1855, le mur du fond du choeur s'écroule bruyamment. On le fait reconstruire immédiatement. Précédemment, on avait reconstruit la partie de mur à gauche du grand portail, remis à neuf toute la charpente du toit qu'on couvrit ensuite en ardoises. Quelques années plus tard, M. Delattre fit reconstruire la chapelle du St Esprit actuelle. Il y avait un pélerinage fort couru autrefois.

Le vendredi 7 août 1873, M. Delattre voulut accompagner M. Merlen, le maire, à Lisbourg, pour y chercher un grand autel qu'il avait fait faire et voulait inaugurer le dimanche suivant. Il paraissait bien pourtant, mais fut indisposé en route. A midi, le samedi tout était prêt pour la grande fête du lendemain. M. le curé était radieux. Oh! Revers de médaille : dans la nuit de samedi à dimanche, M. Delattre est mort subitement. La mort causa une grande surprise et une douleur bien amère pour toute la paroissse. Le mardi suivant, on fit ses funérailles avec grande pompe au milieu d'une foule d'assistants. On pensa spontanément dans le village à lui élever un monument commémoratif par souscriptions. Voici l'inscription que M. l'abbé Dollé composa et fit graver sur la tombe de M. Delattre que l'on peut voir encore aujourd'hui, adossée à l'église.

"Sous cette tombe, repose en attendant la résurrection générale, le corps de M. Philippe Delattre. Il naquit à Maninghem le 20 juillet 1807, fut ordonné prêtre le 23 mai 1834. Desservit Créquy 39 ans 2 mois et remit sa belle âme à Dieu le 9 août 1873. Il était compatissant, doux et humble. On l'appelait en son vivant le bon curé de Créquy".

M. Delattre visitait très souvent les familles et s'entretenait paternellement avec elles. Ses visites étaient accueillies avec bonheur ; il était un excellent prédicateur, très éloquent, un peu long. Sous M. Delattre, les hommes qui ne faisaient pas leurs Pâques étaient en très petit nombre. Ils se préparaient tous à la pâque en se confessant et en communiant dans le carême. Il y avait alors tous les jours foule au confessionnal.

 

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